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samedi, 13 février 2010

24/6/89

la blondasse rôde, à quatre pattes, le cul à l'air, sur la pelouse, devant la maison, elle répand des odeurs femelles en tortillant du baril, comme une chienne en chaleur, je m'endors, bien bandé, au soleil déclinant, je suis dans la banque, assis, au dernier étage de la plus haute tour, tout nu, dans le grand bureau présidentiel, c'est le soir, dehors c'est encore Tokyo, il neige du riz, comme toujours, rien ne change, jamais, les petits enfants font des bonshommes de riz & les mangent en attendant le souper, mes huit cents secrétaires à chignons & à lunettes se tiennent debout devant moi, nipponnes, mignonnes, les yeux baissés, le petit stylo & le petit bloc-notes à la main, toutes pareillement vêtues de gris & de blanc, je leur ordonne de se déshabiller & de venir me sucer le dé, à genoux, toutes, les unes après les autres, quand un coup de tonnerre me réveille, la foudre est tombée sur moi, la blondasse à quatre pattes s'enfuit à travers la haie, comme les sales matous qui viennent chier sous ma fenêtre, l'hiver, je suis tout carbonisé, tout craquant, je suis un croustillant squelette noir à présent, un gigotant paquet d'os, je luis noir & je danse, électrique, devant la télévision, dans l'appartement, je suis tout crépitant d'étincelles noires, rouges, vertes, bleues, jaunes, mauves, je m'assois au clavier, je tape, je pianote, je sonatine, je symphonise, il n'y a plus d'écran, il n'y a plus qu'un clavier sans fil, les images se forment sous mes yeux, devant moi, derrière, tout autour, ce sont des images magiques, de grands hologrammes aux mille couleurs, vibrants, vivants, j'ai des tubes dans la bouche & dans le nez pour boire les élixirs bleus & rouges, je bois du jaune & du vert aussi, il fait tempête, dehors, maintenant, c'est la nuit, la nuit blanche, la nuit noire, je croque des petites pilules de toutes les couleurs, la chair & la peau & les muscles se reforment sur mes os noircis, il me pousse des seins flasques partout & de grosses queues multicolores & de longs cheveux blancs, j'ai tous les sexes connus & inconnus du monde, je suis une vieille mémé hermaphrodite, peu à peu les images se font plus rares, moins rondes, plus plates, elles disparaissent, tout à coup, je suis étendu dans un lit, sous la fine couverture blanche, je regarde une boule noire, au plafond, une boule morte, je n'ai plus de sexe, je suis un vieux bout de bois sec, cassant, il n'y a plus qu'un mince filet d'air entre mes dents & cette grandiose immobilité intérieure, mon corps n'a plus de poids, la blondasse rôde, le cul à l'air, à quatre pattes, dans un coin, & moi j'attends, impatiemment

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