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jeudi, 08 avril 2010

23/5/82

ah, la fausse intimité que deux animaux rutilants croient s'être donnée en se léchant bien consciencieusement & bien réciproquement les organes génitaux, au creux d'un divan plus ou moins moelleux, à Montréal, une nuit de printemps, après avoir échangé un minimum de signes, dans un endroit public où on vend des boissons alcoolisées & qui s'appelle Passeport, Secrets ou L'Imaginaire / c'est un voyage dans l'imaginaire, en effet / au fond, ce n'est pas vrai que tu n'es plus seul dans ces moments-là, ce n'est pas vrai que tu n'es plus seul de cette façon-là, en tout cas / ce sont les rencontres illusoires qui font de toi un solitaire, ce sont ces fausses intimités qui, pour être possibles, te demandent de te départir de l'intimité réelle que tu entretiens avec toi-même & qui est si longue à s'ouvrir à la différence de l'autre / ce n'est pas vrai que je suis seul, c'est plutôt que, parfois, je ne suis pas preneur, & c'est aussi que, parfois, mon étrangeté arrive à me faire peur / un ami d'un ami a brillamment posé le problème un soir où il a dit : « je me sens seul quand je sens que je dois faire semblant de ne pas être seul »

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