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mardi, 06 avril 2010

18/7/82

ce serait une bien triste manière de crever au jour le jour que de vouloir être encore celui que je ne suis plus alors même que s'ouvre la voie qui mène à celui que je pourrais être / bien sûr, quand il m'arrive de me pencher sur ma table, seul, la nuit, surtout, comme je le fais en ce moment, & de laisser cavaler mes fureurs dans l'entortillement de la fumée grise que je souffle sur le monde, la tentation est grande de m'abandonner à certains règlements de compte avec des passés encore trop présents qui me remontent à la gorge comme une irrépressible nausée / « les rancunes durent plus longtemps que les blessures », je sais, oui, mais pourquoi, au nom de quel attachement à quelle vieille peau ratatinée dans ma mémoire, faudrait-il que mon existence ne soit plus qu'une interminable expédition punitive conduite contre des hordes de fantômes parasites qui ne vivent encore en moi que de mon ressentiment ? / le véritable héros n'est pas le sauvage assoiffé de vengeance, c'est, au contraire, l'homme de l'humilité qui rentre dans le ventre de la terre pour s'y laver de son passé avant d'en ressortir pacifié & purifié, c'est l'homme du renoncement qui accepte de ne plus se prolonger, même par la rancœur, dans ces êtres qu'il a aimés & qui l'ont blessé, qui accepte de restituer à ces êtres toute leur réalité & d'en détacher jusqu'à la dernière parcelle de lui-même, pour devenir l'homme qui n'a de fidélité que pour soi, ce qui, je n'en doute pas, est l'unique façon de s'appartenir, l'unique façon de pouvoir se donner aux autres sans craindre de se briser

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