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vendredi, 14 mai 2010

7/11/76

ça se passe le soir, devant le Parc Belmont fermé pour l'hiver, dans le grand stationnement vide, il y a la petite estrade de fortune, les pauvres banderoles, les flambeaux mous, un ou deux haut-parleurs, quelques dizaines de tristes branleurs, les mains dans les poches, taciturnes, ombreux, tout à fait comme dans la noire Allemagne des années 20, c'est un meeting en plein air du PNP, le « Parti National Populiste », Jérôme Choquette est là, bas sur pattes, la mâchoire redoutable, la tête énorme, un vrai personnage de dessin animé, une vraie farce, mais tout est dangereusement sérieux, tout est dangereusement réel, le grand leader serre des mains, il a ce terrifiant sourire de marchand d'horreur, ces yeux vitreux de fanatique à vous glacer le sang, je me propulse vers l'enfant de chienne, Alban à mon côté comme un fidèle lieutenant, je lui tends une main amicale, il m'encadre, il rayonne de voir cet électeur jeune & bien de son temps s'avancer à sa rencontre, nous nous serrons la main, je lui dis : « ce n'est pas toi qui vas avoir le peuple, mon tabarnak, c'est le peuple qui va t'avoir », son sourire se fendille, son visage se décompose, je lui crache à la gueule, le voilà, mon vote, mon hostie de pourriture du câlisse, la bousculade éclate, la confusion s'installe, je me dégage, je m'arrache, je me tire de là en vitesse, j'ai autre chose à faire, je m'en vais boire en ville avec mon ami Alban & danser & chasser la femelle dans la nuit, c'est notre politique & notre Parc Belmont à nous autres, les gars d'espérance

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