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dimanche, 25 avril 2010

5/10/78

je ne comprends pas le simple

samedi, 24 avril 2010

17/11/78

quel genre de sous-idiot confiné, particulièrement débilisé par la plus considérable de ses tares, pourrait bien avoir la profonde inintelligence de s'emparer virilement d'un bout de papier pour y noter sans sourire : « vous êtes quatre-vingt mille milliards sur cette terre & je suis seul, alors ne venez pas me faire chier, je vous prie » ? / j'ai osé, moi / j'ai osé le faire, moi / oh, je suis malade, je l'admets / je l'avoue, je le reconnais / je me confesse, je confesse mon homegosexualité / je la crie, je la hurle à la face du monde entier : oui, je suis un homegosexuel !

vendredi, 23 avril 2010

6/1/79

quand on sort de l'enfance, à quinze ans, à seize ans, & que pour la première fois de son existence on en arrive à comprendre petit à petit combien elle est vaste & profonde & humiliante, la blessure du temps, la conscience du temps, alors la vie commence, c'est dans la tête que ça commence, & une fois que c'est commencé on peut considérer que c'est déjà à peu près terminé, on devient Rimbaud & on crie « bingo ! » ou bien on devient Robert Bourassa &, mon Dieu, c'est ça qui est ça / finie l'innocence des bêtes, finie la virginité des bêtes avant l'espoir

jeudi, 22 avril 2010

22/2/79

je méprise ce qui m'écrase : nous sommes quittes

mercredi, 21 avril 2010

4/3/79

mon intelligence n'est pas suffisamment développée pour qu'elle puisse me permettre de comprendre clairement le sens du mot collectivité, mais je crois qu'elle l'est tout juste assez pour qu'elle puisse me permettre de comprendre que c'est sans doute mieux ainsi

mardi, 20 avril 2010

29/3/79

le seul droit que je suis prêt à reconnaître aux autres, c'est celui de s'ôter de mon chemin

lundi, 19 avril 2010

2/4/79

il y a cette image dans mes yeux tout à coup, je vois un paysage gris, je vois la mer & un ciel voilé, encombré de poussière, un ciel sans soleil, &, sur le rivage, ces corps vêtus de complets sombres & de chemises blanches, les larges cravates dansant comme des serpents noirs, indolents, sur les cadavres gris, à la surface de l'eau, au gré des vagues battant la grève, & tout autour des corps boursouflés, sur le sable & dans l'eau, des fauteuils capitonnés & des lampes cassées, des téléphones absurdes, des stylos perdant leur encre & des sous-main déchirés & de grands livres aux pages chargées de colonnes de chiffres se décomposant dans l'eau de la mer & des claviers broyés & ce qui, dans le clair-obscur, ressemble aux débris dérisoires d'antiques machines à calculer, & de longues chevelures d'algues agitées défigurant certains cadavres, des chevelures de femmes portant l'uniforme & que le naufrage a emportées dans la mort aussi, & dans le ciel pourtant si vaste, dans le morne ciel vengeur, aucun son, aucun mouvement, aucun oiseau, aucune vie, rien que le gris des nuages & leur immobilité toujours menaçante, au-dessus du grand navire éventré