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dimanche, 30 mai 2010

13/7/75

j'ai pris l'habitude, quand il m'arrive de me trouver en présence de quelqu'un qui veut m'adresser la parole, de me coller au milieu du front un bout de papier sur lequel il est écrit : « de retour dans cinq minutes »

samedi, 29 mai 2010

16/7/75

quoi ? / l'univers devrait se présenter sous la forme d'une aimante mamelle vibrant à la fréquence apaisante du calme à ma fenêtre qui s'ouvrirait alors d'elle-même / non ?

vendredi, 28 mai 2010

18/7/75

le veilleur de nuit

que je suis

& la claire menace

de l'aube

 

jeudi, 27 mai 2010

21/7/75

mon pauvre père à l'hôpital

depuis hier après-midi

totem effondré

 

mercredi, 26 mai 2010

12/8/75

j'étais entré dans la Taverne de mes Pères après toute une nuit de beuverie pour m'envoyer encore quelques verres de bière & avaler un petit quelque chose de solide, il était huit heures & demie du matin près de la rivière & la lumière du soleil était comme une apparition surnaturelle dans le rectangle de la porte ouverte à l'autre bout de la salle sombre, je regardais les vieux bonshommes & les facteurs en culottes courtes & les chômeurs édentés, je voyais les doigts jaunes & crasseux & les yeux délavés & les visages tragiques & je pensais à cette étrange phrase de Hobbes, « la seule passion de ma vie a été la peur », je ne savais pas qui était Hobbes & je ne me souvenais pas non plus où j'avais lu cette phrase qui m'avait vrillé le cœur, je pensais aux années de dérades barbouillées d'éclairs dans la ville crépusculaire & j'ai entendu quelqu'un dire distinctement dans mon dos : « le drame de ma vie, c'est ma vie » & il y a eu un grand éclat de rire moqueur & je me suis dit qu'il devait être temps pour moi d'aller dormir ou quelque chose

mardi, 25 mai 2010

20/8/75

j'ai toujours éprouvé ce qu'il faut bien appeler une forme d'amour physique pour les chiens / je suppose qu'il y a encore en moi, au creux de ma poitrine, dans mon cœur d'homme, une fibre algonquine qui se souvient de l'animal totem porteur du secret des origines & des forces naturelles qui nous animent / mais si le Loup est mon lointain ancêtre, je ne suis pas, moi, un loup / entre l'ancêtre primordial & moi, quelque chose s'est dégradé, quelque chose s'est détraqué / je suis un animal domestique, comme le sont tous les hommes, je suis le triste esclave de mon humanité / couché dans une ville, seul & pauvre, loin de la maison que je n'ai pas, je ne hurle pas à la lune, je replie mes pattes sous moi & je dis : « le chien rouge est sur la paille », & dans la nuit sonore je pleure la beauté sauvage & farouche de mon ancêtre, la beauté en allée de mon sauvage & farouche ancêtre

lundi, 24 mai 2010

25/8/75

il est intéressant d'observer que plus les gens qui boivent deviennent ivres, plus ils perdent la capacité de rire, c'est-à-dire, en somme, la capacité d'exercer leur intelligence